Les Vieux….

Depuis l’épidémie, on a réalisé qu’on avait des personnes âgées en France et qu’elles avaient la fâcheuse habitude de mourir. En fait pas de la même façon pour toutes, car il existe là aussi plusieurs catégories. Il y a les vieux d’un côté et les seniors de l’autre. Nous allons nous livrer aujourd’hui à une étude sur le vieillissement de nos populations.
Les différences remontent à une époque où on les appelait encore des pauvres et des nantis. Les premiers, ceux de la chanson de Brel, vivaient chichement et couverts de dettes, ils étaient salariés du privé, ouvriers agricoles, bonniches, mal nés quoi. Les seconds plus à l’aise, se le jouaient cadres ou conseillers en management.
Au terminus, les seniors bénéficient de retraites confortables, dans une coquette maison avec jardinet et aide-ménagère pour les conduire faire les courses. Les vieux grimpent les étages chargés comme des mulets dans un escalier qui sent la pisse, l’ascenseur est en panne et le hall est squatté par de jeunes cons qui s’amusent à leur faire peur.
Le vieux et la vieille au crépuscule d’une vie de labeur et de chômage finissent à l’hospice, hypocritement renommé EHPAD, souvent un mouroir aseptisé et sans âme ou un personnel dévoué mais surbooké et mal payé offre un service inférieur à celui fourni jadis par les sœurs de St Vincent de Paul pourtant bien connues pour leur amabilité et leur sollicitude. Le senior et la séniore intègrent une résidence éponyme confortable, sécurisée, médicalisée, où ils coulent des jours tranquilles. Ils s’offrent des séjours de détente et se font teindre les cheveux en mauve avant un voyage à Venise. Le vieux, lui, s’emmerde à longueur de journées en tournant dans le parc ou s’arrache les yeux sur une télé collective au milieu des ronflements et flatulences de ses congénères. Les seniors ont droit à une initiation à l’informatique, le vieux met du scotch à ses lunettes pour lire la Dépêche. Les seniors reçoivent la visite d’un neveu qui mate l’héritage. Les rares fois où ses petits enfants viennent le voir, le vieux, c’est pour lui taxer ses dernières gauloises. A l’anniversaire des senior il y a du champagne, le vieux, lui ne se rappelle même plus de la date. Le senior quand il mourra aura sa place dans le caveau de famille, le vieux moisira dans un trou au carré des indigents.
Pourtant c’est à ce moment ultime que se réalise l’égalité. Qu’on t’élève un mausolée ou qu’on fasse de ta bidoche de la pâtée pour chat, t’en a rien à foutre t’es déjà reparti au néant…

Riton 30 03 20

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